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5 février 2026Il est environ 9 heures au CEG Nagbandja. Dans la salle de classe de 5ᵉ, les regards sont attentifs, les cahiers ouverts et les mains se lèvent timidement. Devant les élèves, Pakyendou anime un cours de Sciences de la Vie et de la Terre avec méthode, clarté et assurance. Volontaire nationale de la vague 21, elle est affectée au sein dudit CEG, depuis septembre 2025.
Dès les premières minutes, l’ambiance traduit une relation de confiance entre l’enseignante et ses élèves, fruit d’un travail quotidien fondé sur l’écoute, la rigueur et la proximité pédagogique. Dans ce village, l’idée qu’une femme, encore jeune, puisse enseigner les matières scientifiques était encore surprenant. Les sciences, souvent perçues comme une « bête noire » par certains élèves, suscitaient également des doutes chez quelques parents.
« Il était difficile pour certains parents de croire que les sciences pouvaient être enseignées par une femme, d’autant plus lorsqu’elle est jeune. Aujourd’hui, cela suscite l’engouement de nos jeunes filles à lui emboîter le pas », confie un parent d’élève. Par son engagement constant et la qualité de ses prestations, Pakyendou contribue progressivement à faire évoluer les mentalités et à restaurer la confiance autour des disciplines scientifiques.
Une réponse concrète aux besoins du CEG Nagbandja
Seule enseignante femme des sciences de l’établissement, l’arrivée de Pakyendou apporte une réponse concrète au manque d’enseignants scientifiques au sein du CEG Nagbandja. En plus de la SVT, Pakyendou dispense des cours de Physique-Chimie-Technologie, pour un volume horaire de 18 heures par semaine.
Pour le directeur du CEG, sa présence est un véritable soulagement. Elle contribue à assurer la continuité des cours et à renforcer la compréhension des élèves dans des matières souvent jugées complexes, avec des résultats progressivement perceptibles.
Une expérience fondatrice pour une jeune professionnelle
Pour Pakyendou, cette mission prend une dimension particulière. Après plusieurs stages réalisés au cours de sa formation, cette immersion en milieu scolaire marque une étape décisive de son parcours professionnel. Elle y consolide ses compétences pédagogiques, renforce sa confiance et découvre, au quotidien, les réalités du métier d’enseignante. L’expérience lui permet également de mesurer l’impact social de son engagement, au contact direct des élèves, des parents et de l’administration scolaire.
En classe, son influence se reflète aussi dans les ambitions qu’elle suscite chez ses élèves, en particulier les jeunes filles. « Avant, je pensais que les sciences étaient trop difficiles pour les filles. Quand je vois madame LARE nous enseigner, je me dis que moi aussi je peux devenir enseignante de sciences plus tard », confie une élève, le regard empreint d’assurance. Un témoignage simple, mais révélateur de l’impact profond qu’un modèle positif peut avoir dans un environnement scolaire.
Au-delà des résultats scolaires, l’engagement de Pakyendou au CEG Nagbandja traduit une conviction forte : les sciences sont ouvertes à tous, indépendamment du genre ou de l’origine. Son action contribue à susciter des vocations, à promouvoir la participation des femmes aux disciplines scientifiques et à faire de la classe un véritable espace d’opportunités et d’émancipation.






