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5 mars 2026À l’aube, lorsque le soleil effleure à peine les plaines verdoyantes de la région des Savanes, une silhouette se penche déjà sur les sillons humides du barrage de Daloak, dans le quartier Karsomé. Les mains ancrées dans la terre, le regard concentré et l’espoir enraciné dans chaque plant, Koadigbene écrit, saison après saison, une histoire de courage et de dignité.
La trentaine et mère de famille, Koadigbene fait partie de ces femmes pour qui le maraîchage n’est pas seulement une activité génératrice de revenus, mais un véritable pilier d’autonomie et de résilience. Dans cette région où le maraîchage occupe une place essentielle dans l’économie locale et l’autosuffisance alimentaire des ménages, elle cultive environ un quart d’hectare d’oignons par saison. Une superficie modeste en apparence, mais immense par l’impact qu’elle génère au sein de son foyer.
Le prix de l’engagement volontaire
Ancienne Volontaire d’Engagement Citoyen (VEC), phase 10 à Dapaong, Koadigbene ne parle pas du volontariat comme d’un simple passage. Pour elle, ce fut une véritable école de vie.
Ayant abandonné l’école en classe de sixième faute de moyens, elle aurait pu laisser les circonstances définir son avenir. Pourtant le programme VEC lui a offert bien plus qu’un engagement citoyen : un cadre d’apprentissage, de discipline, de confiance en soi et surtout, une nouvelle vision des opportunités. « Le volontariat m’a appris que je pouvais créer moi-même mes chances », confie-t-elle.
Membre active d’un groupement d’épargne et de crédit, elle a mobilisé ses économies et obtenu un prêt de 50 000 FCFA pour acheter les intrants nécessaires à la saison agricole. Une décision stratégique qui témoigne de sa capacité à planifier et à investir avec discernement.
Héritière de la terre, bâtisseuse d’avenir
Héritière d’une parcelle familiale, Koadigbene a très tôt compris que cette terre n’était pas seulement un patrimoine, mais une promesse. En l’exploitant, elle assure l’alimentation de sa famille et participe à l’approvisionnement local en oignons, contribuant ainsi au dynamisme économique de son milieu.
Son engagement dépasse le cadre économique. Par son travail acharné, elle incarne un modèle pour d’autres jeunes femmes de Karsomé et des environs. Elle prouve que l’abandon scolaire n’est pas une fin en soi, que la terre peut devenir une salle de classe et que la détermination peut transformer une simple parcelle en levier d’émancipation.
Une femme, une saison, une leçon de persévérance
Sous le soleil ardent ou dans la fraîcheur matinale, Koadigbene avance, patiente et méthodique. Chaque bulbe d’oignon qu’elle récolte raconte une histoire : celle d’une femme qui a refusé de subir, qui a choisi d’agir, d’apprendre et de construire.
Dans les sillons du barrage de Daloak, ce n’est pas seulement de l’oignon qui pousse. C’est l’espoir. C’est la preuve que lorsque les femmes ont accès à l’accompagnement, à la confiance et à un minimum de ressources, elles deviennent des actrices majeures du développement local.






