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20 janvier 2025Si la résilience avait un visage, ce serait celui de Pyabalo. Ancien volontaire d’engagement citoyen à Kara, il a compris que l’on ne choisit pas ce que l’on est, mais que l’on est responsable de ce que l’on devient. Malgré sa mobilité réduite, Pyabalo a participé au programme de volontariat d’engagement citoyen, une expérience qui lui a permis de tisser des liens sociaux et de se sentir utile à sa communauté.
En s’engageant comme volontaire, Pyabalo ne s’attendait pas à découvrir une nouvelle dimension de lien social. Comme lui, de nombreux jeunes en situation de handicap depuis leur naissance se sentent isolés. Pyabalo, en particulier, vit avec une mobilité réduite et des difficultés d’expression depuis sa naissance. Victime de discriminations dans sa société, il n’a pas eu la chance de poursuivre des études.
Avec le soutien de sa tante, Pyabalo avait obtenu un contrat d’apprentissage en cordonnerie, qui malheureusement n’a pas abouti en raison de son handicap. « J’ai des difficultés à me déplacer et à m’exprimer librement. Ma situation de handicap ne m’a pas permis de poursuivre mes études ni d’apprendre un métier. J’ai dû arrêter l’école en classe de 3ᵉ. Je n’avais pas d’amis, et beaucoup de personnes m’évitaient à cause de mon handicap. Mais, à dire vrai, je n’ai pas le choix. Je dois avancer. Je refuse de rester enfermé chez moi à ne rien faire. C’est pourquoi je me suis engagé dans le volontariat » , explique-t-il.
Pyabalo est là où l’on l’attendait le moins, grâce au volontariat
Aujourd’hui, jeune battant, Pyabalo a trouvé sa source de motivation dans le volontariat. Volontaire d’Engagement Citoyen de la phase 9, il a, après sa mission, initié une Activité Génératrice de Revenus (AGR). Grâce à son allocation de fin de mission, il a pu acheter des outils de cordonnerie ainsi que des chaussures de friperie qu’il revend après réparation.
« L’Agence Nationale du Volontariat au Togo m’a permis de donner un sens à ma vie. Les formations et les discussions dans nos groupements d’épargne et de crédit m’ont aidé à prendre confiance en moi. Travailler avec d’autres volontaires m’a permis de découvrir de nombreuses choses. Aujourd’hui, je vends des chaussures de friperie en utilisant mes compétences en cordonnerie. Les gens sont parfois surpris et admiratifs de ce que je fais. Ils me confient souvent des chaussures usées que je répare », affirme-t-il avec un large sourire.
Pendant leur mission, les volontaires bénéficient de diverses formations sur les activités génératrices de revenus. Pyabalo, de son côté, s’est intéressé à la fabrication du savon liquide. Chaque semaine, il produit une vingtaine de litres de savon liquide qu’il vend dans le quartier. « Personnellement, j’admire Pyabalo. Il est courageux et sa joie de vivre est contagieuse. Malgré son handicap, il cherche constamment à aller de l’avant. Pendant la mission de volontariat, nous avons pris des dispositions pour l’encadrer. Les personnes handicapées sont comme nous : elles ont les mêmes droits et peuvent réussir tout aussi bien que nous. Je tiens à le féliciter pour son assiduité aux réunions ainsi qu’aux cotisations des groupements d’épargne et de crédit », témoigne POUWE Sodou, Agent de suivi et d’accompagnement des volontaires dans Kozah 1.
KPANTE Djabi






