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26 février 2025Sous le soleil levant, entouré de plants de tomates à pleine maturité, Yendoutié affichait un air de satisfaction. Dans les champs de Korbongou, à une quinzaine de kilomètres de Dapaong, cet ancien Volontaire d’Engagement Citoyen (VEC) de la phase 9 savoure le résultat d’un combat acharné contre les préjugés et les obstacles. Son dévouement illustre avec force que le handicap n’est pas une fatalité, mais une motivation pour aller de l’avant.
Le programme VEC, mis en œuvre par l’Agence Nationale du Volontariat au Togo (ANVT), mobilise les jeunes désireux de contribuer au développement de leurs communautés tout en renforçant leurs propres compétences. C’est dans ce cadre que Yendoutié, malgré ses difficultés personnelles, a été sélectionné. Cette opportunité a marqué un tournant décisif dans sa vie, lui ouvrant de nouvelles perspectives là où d’autres ne voyaient qu’un avenir incertain.
Une résilience nourrie par le programme VEC
Ayant quitté l’école très jeune après des échecs répétés, Yendoutié a longtemps été vu comme un homme incapable en raison de sa personnalité. Pourtant, grâce à la politique inclusive et genre de l’ANVT, qui encourage la participation des personnes vulnérables ou en situation de handicap, il a trouvé une opportunité de se réinsérer socialement. “Quand j’ai été appelé pour servir, je n’aurais jamais cru que ma vie pouvait changer. J’ai pu prouver que je pouvais être utile“, confie-t-il.
Affecté dans la commune de Tône 4, il s’est investi dans les travaux d’intérêt communautaire, notamment l’entretien des pistes rurales et la sensibilisation des populations. “Le volontariat m’a appris l’importance de servir les autres, et cela a changé la perception que j’avais de moi-même“, raconte-t-il.
Le soutien moral, un moteur clé
Surnommé “le chéri de tantie” par ses paires en raison de son esprit jovial et de sa détermination à surpasser les attentes, Yendoutié a trouvé en Roselyne, sa chargée de suivi, une alliée précieuse. Avec un mélange de bienveillance et d’humour, elle a su établir une relation de confiance avec lui. Leurs échanges, en apparence anodins, ont pourtant joué un rôle déterminant dans son engagement et son épanouissement. Bien plus qu’une simple supervision de ses activités, Roselyne l’accompagnait à chaque étape, le conseillant et l’encourageant sans relâche. « Je vois en lui un potentiel énorme. Il suffit juste de l’encadrer et de l’écouter », affirme-t-elle.
Une reconversion réussie dans le maraîchage
À la fin de sa mission, Yendoutié a investi ses allocations dans le maraîchage, une activité qu’il admirait mais n’avait jamais osé entreprendre. Grâce au soutien de son GEC et aux formations suivies, il s’est lancé avec détermination.
Aujourd’hui, il cultive un vaste espace dédié aux tomates et s’implique activement dans les activités de son groupement. Assidu et motivé, il n’hésite pas à demander des conseils pour améliorer ses pratiques. Roselyne continue de l’accompagner avec attention : « Chaque semaine, je vais le voir pour l’encourager. Il applique tout ce qu’on lui dit, et les résultats sont impressionnants ».
Sa famille, d’abord sceptique, est désormais admirative. « Au début, nous pensions qu’il allait abandonner. Grâce à cette dame qui l’a encadré, il est devenu une nouvelle personne », témoigne l’un de ses frères. Avec son approche humaine, le programme VEC redonne espoir et dignité aux jeunes comme Yendoutié. « Je suis fier de ce que je fais aujourd’hui. Grâce au volontariat, je suis enfin utile à ma communauté », confie-t-il.
Au milieu de son champ de tomates, sous un ciel lumineux, Yendoutié ne regarde plus en arrière. Il se concentre sur l’avenir, déterminé à prouver que rien n’est impossible pour celui qui croit en lui-même et saisit les opportunités qui s’offrent.






